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©IRD – Pascal Dumas

Systèmes alimentaires des peuples autochtones : Les enjeux sur la résilience

Le Sommet des Nations-Unies sur les systèmes alimentaires (septembre 2021) appelle à revoir en profondeur notre stratégie d’alimentation mondiale durable. Les systèmes alimentaires des peuples autochtones sont de plus en plus cités en exemple, à défaut d’être véritablement mis à contribution. Malheureusement, ces systèmes sont fragilisés par de multiples bouleversements planétaires qui compromettent leur capacité à peser sur l’issue des négociations internationales. Edmond Dounias, ethnobiologiste, défendra l’idée qu’une alimentation mondiale durable dépend avant tout de la résilience des systèmes alimentaires autochtones.

Conférencier : Edmond Dounias – IRD – UMR CEFE (Centre d’Écologie fonctionnelle et évolutive – CNRS, Université de Montpellier, Université Paul Valéry Montpellier 3, IRD, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Montpellier Sup’Agro, INRAE)


©IRD – Université de Montpellier

Les collections de semences, patrimoine et ressource

Les collections de semences permettent de conserver la diversité de plantes cultivées au bénéfice de différents utilisateurs. Leur développement a répondu à la demande de la recherche pour du matériel biologique original et documenté ainsi qu’aux besoins et conséquences d’une agriculture à la fois demandeuse de variétés toujours plus performantes et cause d’érosion de la diversité. Mais les temps changent. Climat, attentes sociétales, exigences environnementales, les modèles agricoles sont remis en cause. Le maintien et la restauration de la diversité dans les champs deviennent des priorités. De nouvelles fonctions s’esquissent pour les collections de semences et leurs gestionnaires, qui vont devoir s’adapter en révisant leurs objectifs, et en mobilisant de nouveaux outils, de nouvelles méthodes, de nouveaux partenaires.
À Montpellier, le bâtiment ARCAD (CIRAD, INRAE, Institut Agro, IRD) héberge un centre de ressource et d’analyse de la biodiversité des plantes cultivées méditerranéennes et tropicales unique en Europe.

Conférencier : Jean-Louis Pham – IRD – UMR DIADE (DIversité – Adaptation – DEveloppement – IRD, Université de Montpellier, CIRAD)


©IRD – Didier Orange

Des eaux usées domestiques pour reverdir nos villes, c’est possible !

Face à l’urbanisation galopante et la pénurie d’eau, il faut trouver des solutions durables pour recycler au mieux les eaux usées domestiques. Loin d’être un déchet, les eaux usées ont de la valeur. Elles pourraient contribuer à l’irrigation des zones urbaines ou péri-urbaines pour reverdir la ville, séquestrer du carbone et produire des maraichages. Le projet de recherche interdisciplinaire SmartCleanGarden répond à ce défi grâce à des innovations combinant solutions basées sur la nature, biodiversité, e-capteurs environnementaux et intelligence artificielle.

Conférencier : Didier Orange – IRD – UMR ECO&SOLS (Écologie fonctionnelle & biogéochimie des sols & des agro-systèmes – Montpellier Sup’Agro, CIRAD, INRAE, IRD)


©IRD – Nils Poulicard

Riz contre virus en Afrique

Deuxième culture mondiale et principale denrée alimentaire de près de la moitié de la population de notre planète, le riz fait l’objet d’attentions particulières. Parmi les contraintes qui affectent la production rizicole en Afrique, le virus de la panachure jaune du riz (Rice yellow mottle virus, RYMV, en anglais) cause d’importantes pertes de récoltes dans la plupart des pays producteurs de riz en Afrique. Pour mieux combattre un ennemi, il faut mieux le connaître… c’est l’objectif de Laurence Albar, généticienne, et de Nils Poulicard, virologue. L’une explore la variabilité génétique du riz cultivé asiatique et des espèces africaines. L’autre s’applique à l’étude détaillée de la diversité moléculaire et pathogénique du virus. Ensemble, ils contribuent à la définition et l’optimisation de stratégies de lutte durables face aux menaces qui pèsent sur cette ressource.

Conférenciers :

  • Laurence Albar – IRD – UMR DIADE (Diversité, adaptation, développement des plantes – IRD, Université de Montpellier, CIRAD)
  • Nils Poulicard – IRD – UMR IPME (Interactions Plantes-Microorganismes-Environnement – IRD, CIRAD, Université de Montpellier)


©IRD – Vincent Turmine

Cueilleuses de mangrove, un avenir incertain face à la globalisation

Quand les experts et politiciens internationaux soulignent l’importance des forêts de palétuviers comme puits de séquestration du carbone et promeuvent de vastes campagnes de reboisement pour lutter contre le changement climatique, la plupart des communautés littorales considèrent les mangroves comme des marais maritimes aux multiples valeurs et usages associés. Ces représentations contrastées entraînent des conflits et conduisent à des inégalités, qui touchent particulièrement les femmes. À partir d’enquêtes conduites dans diverses régions à mangrove (du delta du Mékong au Vietnam au delta du Saloum au Sénégal, des Sundarbans en Inde à l’Ouest malgache), j’analyse les perceptions et pratiques des femmes, qui « cueillent la mangrove », et étudie leurs trajectoires, incertaines et diverses, dans le contexte de la mondialisation. En conclusion, je souligne le manque de cohérence des politiques environnementales et les risques d’inégalité environnementale. Enfin, je plaide pour une approche globale de la mangrove (forêts, chenaux de marée et rivières, vasières et tannes, front de mer) et inclusive, prenant en compte tous les acteurs avec leur système de valeurs et valorisations.

Conférencière : Marie-Christine Cormier-Salem – IRD – UMR PALOC (Patrimoines locaux, Environnement et Globalisation – IRD, Muséum National d’Histoire naturelle)


©IRD – Tiphaine Chevallier

La santé dans nos assiettes : la diversité ne fait pas tout !

S’il nous semble évident que « bonne alimentation » sous-entend « manger différents aliments », c’est que les sociétés humaines ont été et sont encore confrontées au fait qu’aucun aliment ne peut fournir à lui seul la bonne quantité de nutriments dont notre corps a besoin. Mais au-delà de ce principe de base, jusqu’où devons-nous diversifier notre alimentation ? Et est-ce suffisant pour garantir une bonne santé ? Pour répondre à ces questions, Éric Verger nous parlera des liens entre diversité alimentaire, apports en nutriments et prévention des maladies chroniques liées à l’alimentation. Il illustrera également certaines limites du concept de diversité alimentaire en lien avec la biodiversité agricole (projet DIVA, Département de Podor, Sénégal).

Conférencier : Eric Verger – IRD – UMR MOISA (Montpellier Interdisciplinary centre on Sustainable Agri-food systems : social and nutritional sciences – CIRAD, INRAE, CIHEAM, Montpellier Sup’Agro, IRD)


©IRD – Hubert Bataille

Le sol, passelle naturelle entre le climat et l’agriculture

Le sol est un carrefour vivant qui stocke du carbone et surtout soutient la production alimentaire. Tiphaine Chevallier qui a coordonné un récent ouvrage sur le carbone des sols en Afrique nous invite à réfléchir aux pratiques préservant les différents rôles du sol afin de souscrire aux objectifs du développement durable (ODD).

Conférencière : Tiphaine Chevallier – IRD – UMR ECO&SOLS (Écologie fonctionnelle & biogéochimie des sols & des agro-systèmes – Montpellier Sup’Agro, CIRAD, INRAE, IRD)


©IRD – Saurin Hem

Contribution des insectes détritivores à l’approche « one health »

Les insectes détritivores (mouches, blattes, etc.) sont considérés par la majorité de la population comme répugnants, nuisibles et à éliminer. Il en va de même pour les autorités sanitaires. Pourtant, les insectes jouent un rôle essentiel dans le cycle de la vie. Ils interviennent, avant les microbes du sol, dans la transformation des déchets organiques en une matière assimilable par les plantes. Ils ont également la capacité d’éliminer les bactéries pathogènes présentes dans les déchets. Ces insectes font également le ravissement des animaux domestiques naturellement insectivores comme les volailles, les porcs et des poissons comme la truite. Pour vous convaincre, Michel Sauvain prendra comme exemple la mouche soldat noire (Hermetia illucens) dont les propriétés remarquables en font un fournisseur identifié de substances antibiotiques, une bonne source de protéines et de lipides, de pré et probiotiques pour l’alimentation animale, etc. Base d’un cercle vertueux, cet insecte, utilisé systématiquement pour le nécessaire recyclage des déchets organiques, contribuera à l’approche « une seule santé ».

Conférencier : Michel Sauvain – IRD – UMR PHARMADEV (Pharmacochimie et Biologie pour le Développement – IRD, Université Toulouse III Paul Sabatier)


©IRD – Sandrine Ruitton

Comment se nourrit-on dans les régions d’Outre-mer ?

Les départements et régions d’Outre-mer font face à des prévalences de surpoids, d’obésité et de diabète plus élevées que dans l’Hexagone. Ces territoires connaissent une transition démographique, nutritionnelle et alimentaire aussi rapide que profonde, avec une évolution des modes de vie pouvant conduire à une activité physique insuffisante et une alimentation déséquilibrée. Présentées en novembre dernier, les recommandations et conclusions de l’expertise scientifique collective « Alimentation et nutrition dans les départements et régions d’Outre-mer » donnent un éclairage essentiel sur cet enjeu de santé publique. Il s’agissait de réaliser un état des lieux de la situation nutritionnelle des populations dans les Outre-mer et de dégager les leviers d’action et les stratégies à mettre en œuvre. Pour répondre à ces objectifs, nutritionnistes, médecins, épidémiologistes, économistes, et anthropologues ont travaillé de concert.

Conférenciers :

  • Caroline Mejean – INRAE – UMR MOISA (Montpellier Interdisciplinary center on Sustainable Agri-food systems – CIRAD, INRAE, CIHEAM, Montpellier Sup’Agro, IRD)
  • Yves Martin-PrévelIRD – Département Santé et Sociétés